Les trois vagues de l’immigration espagnole en Seine-Saint-Denis Réflexions autour des relations entre immigration « économique » et « immigration politique »

Les trois vagues de l’immigration espagnole en Seine-Saint-Denis Réflexions autour des relations entre immigration « économique » et « immigration politique »

À Saint-Denis, Saint-Ouen et Aubervilliers, on retrouve les trois principales vagues de l’immigration espagnole au XXe siècle :
– migrants dits « économiques » des années 1920-1930 ;
– quelques migrants politiques après la répression du soulèvement des Asturies fin 1934 et surtout après la défaite du camp républicain (les arrivées s’échelonnent entre 1939 et 1950, après le passage par les camps de la frontière française, voire par les camps en Allemagne et parfois après une participation à des maquis de résistants en province) ;
– migrants dits « économiques » des années 1955-1970.

Migration économique des années 1920-1930

Dès les années 1920, un véritable quartier espagnol s’est formé à la Plaine-Saint-Denis (espace industriel à cheval sur les trois communes) entre l’avenue du président Wilson et les rues du Landy et de la Justice. Dans ce quartier, on trouvait des impasses et des passages habités à plus de 90 % par des migrants espagnols, originaires principalement des provinces de Cáceres, de Zamora et de Burgos. Par ailleurs, le vaste bidonville des Francs-Moisins était également peuplé à plus de 70 % par des Espagnols dès son apparition dans les listes nominatives du recensement de 1926.

Selon le recensement de 1931 (date à laquelle la taille de la communauté espagnole est la plus élevée de l’avant-guerre), on compte plus de 8 500 Espagnols dans ces trois communes (pour une population totale de 189 600 habitants, soit 4,5 %), ce qui en fait la première communauté immigrée, loin devant les Italiens.
La particularité de cette communauté est que, des années 1920 aux années 1970, on retrouve les mêmes réseaux familiaux et villageois qui prévalent sur l’aspect « économique » ou « politique » des migrations. Des « économiques » venus au début des années 1920 et repartis dans les années 1930 à cause du chômage lié à la crise sont revenus à l’occasion de l’exode républicain parce qu’entre temps ils avaient participé à la guerre du côté républicain et étaient donc devenus des « politiques ». Ces mêmes « politiques » accueillirent leurs neveux ou leurs cousins « économiques » dans les années 1955-1970.

Contrairement à d’autres pôles de l’émigration espagnole en France, la Plaine-Saint-Denis n’a donc guère été marquée (en tout cas d’après la vingtaine de témoignages oraux recueillis et un important dépouillage d’archives diverses) par un clivage net entre migrants économiques et migrants politiques.

La vague des années 1920-1930 : une politisation à travers l’immigration

Les migrants espagnols des années 1920-1930 étaient très majoritairement des « économiques purs » (cependant, certains ont pu être en contact avec les puissantes fédérations de la Confédération nationale du travail – CNT – en milieu agricole), journaliers agricoles surexploités d’Estrémadure ou de Vieille-Castille ayant fui la misère. Beaucoup envisageaient de repartir au pays après avoir accumulé un petit pécule leur permettant d’acheter du terrain ou quelques chèvres ou moutons – ce que firent d’ailleurs nombre d’entre eux à partir de 1931-1932.

Les naturalisations furent rares : entre 1928 et 1940, à Saint-Denis, pour une communauté de 3 500 personnes en 1931 et de 2 700 personnes en 1936, on compte 66 naturalisations de chefs de famille, concernant au total 170 personnes, soit moins de 3 % de la colonie.

Dans l’immigration, les migrants économiques se sont cependant politisés, et ce à deux niveaux :

– soit en participant aux fréquentes activités en espagnol (meetings, matinées théâtrales, concerts) proposées par la CNT espagnole de Paris à la salle des Fêtes de la Plaine Saint-Denis, 120 avenue Wilson, qui réunissaient une assistance de 400 à 500 personnes à chaque fois. Il est difficile bien sûr de faire la part entre ceux que le discours politique motivait réellement et ceux pour lesquels c’était avant tout le moyen de se retrouver entre compatriotes dans une ambiance festive ;

– soit au contact avec la société d’accueil, très marquée par le poids du PCF et de la CGTU, notamment pour ceux, très nombreux, employés comme manœuvres dans les grandes usines métallurgiques de Saint-Denis. Cependant cette sensibilisation ne se traduira guère par une syndicalisation au sein du groupe de langue espagnole de la CGTU.

Il semble, en fait, au vu des arrestations opérées par la Gestapo dans le quartier espagnol lors de la rafle du 18 septembre 1941, que ce sont surtout les jeunes gens, arrivés petits ou nés à la Plaine au début des années 1920, qui se sont engagés dans les Jeunesses communistes à partir de 1935 et surtout de 1936 dans la chaleur des luttes du Front populaire ; ainsi le leader de la grève dans l’administration de la raffinerie Antar d’Aubervilliers était un jeune Espagnol de 15 ans, né à Saint-Ouen en 1921.

Cette politisation s’est traduite par différents choix à partir de 1931 :

– en 1931, la concomitance de la crise économique en France (mise au chômage rapide et massive de nombreux Espagnols) et de l’avènement de la Seconde République en Espagne ont conduit de très nombreuses familles à opter pour le retour, espérant que l’Espagne républicaine leur serait plus douce que celle de la dictature de Primo de Rivera qu’ils avaient quittée. Les anarchistes, notamment, ont encouragé leurs sympathisants à rentrer en Espagne pour faire évoluer la République « bourgeoise » vers une révolution libertaire ;

– à l’été 1936, quelques pères de famille, migrants « économiques », ont rejoint leurs bataillons pour aller se battre contre la sédition « nationaliste » ; une quarantaine de jeunes gens de 20 à 30 ans, n’ayant pas encore fait leur service militaire en Espagne, partirent également.

Beaucoup de ceux qui sont restés ont participé activement à une intense solidarité avec les familles des hommes partis se battre et avec l’Espagne républicaine : meetings, collectes de matériel, quêtes sur la voie publique, projections de films, participation aux manifestations parisiennes, etc.

On retrouve dans cette solidarité avec l’Espagne républicaine une nette séparation entre les réseaux communistes et anarchistes.

– Par ailleurs, pendant la guerre civile, un troisième pôle politisé apparut, celui des Phalangistes, ayant pris le contrôle du Hogar español, société de secours mutuel dépendant de la paroisse espagnole de la Plaine, le Real Patronato Santa Teresa de Jesus. Ils furent néanmoins très minoritaires par rapport aux deux autres.

Le clivage entre pro et anti-Républicains se manifesta notamment par une nette désaffection du Patronato entre 1936 et 1939 (baisse importante du nombre de mariages et surtout de baptêmes – 8 en 1937 contre 33 en 1936 et 62 en 1935). Jusque-là, il avait réussi à fédérer une partie non négligeable de la communauté mais sa prise de positions en faveur des nationaliste lui valut des désaffections et des inimitiés tenaces. Une des membres de la deuxième génération de l’entre-deux-guerres nous a ainsi confié : « Mon père avait juré de ne jamais remettre les pieds au Patronato. Même pendant l’Occupation, alors que nous manquions de tout, il refusait d’aller chercher les oranges distribuées par Franco. Nous n’y sommes jamais retournées depuis. »

L’arrivée des “ politiques ” : un accueil chaleureux

À partir de 1939 pour ceux qui vivaient à la Plaine avant de partir se battre dans le camp républicain et pour ceux que leur famille en banlieue nord avait réussi à faire sortir clandestinement des camps de concentration français, contournant l’interdiction de résidence dans le département de la Seine, et vers 1950, les vaincus de la guerre civile arrivent en Seine-Saint-Denis.

Beaucoup de ceux qui y arrivent pour la première fois viennent y retrouver des membres de leur famille installés là depuis les années 1920 et 1930 : frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, etc. Ils sont donc accueillis comme des « parents » avant de l’être comme des exilés politiques.

Entrée du bidonville du Cornillon, 1963. © Fonds Pierre Douzenel

Entrée du bidonville du Cornillon, 1963. © Fonds Pierre Douzenel

Beaucoup aussi sont d’anciens du quartier, des familles parties pendant la crise des années 1930 après l’avènement de la République espagnole et qui, par leur engagement militant, voire militaire, aux côtés de ladite République ont dû fuir l’Espagne, soit pendant l’exode de 1939, soit plus tard, après un passage par des prisons ou des camps en Espagne. Ils obtiennent généralement le statut de réfugié, mais tous n’effectuent pas les démarches pour le demander car leurs attaches à la Plaine leur permettent de trouver très rapidement du travail. Eux aussi sont accueillis soit par des membres de leur famille restés sur place, soit par d’anciens voisins et amis.

Arrivent aussi des exilés républicains n’ayant eu aucun lien préalable avec la Plaine Saint-Denis mais qui, au hasard de leurs pérégrinations (camps en France puis en Allemagne, rapatriements en 1945), ont rencontré tel ou tel qui y avait des attaches à la Plaine et qui, faute de pouvoir retourner en Espagne, l’y ont accompagné. C’est ainsi que de nombreux Catalans et originaires du Levant, extrêmement peu représentés à la Plaine avant-guerre, vont s’y retrouver après 1945.

D’autres arrivent enfin des quatre coins de France, uniquement parce qu’ils savent qu’en région parisienne les possibilités de travail sont importantes et ils s’installent à Aubervilliers, Saint-Denis ou Saint-Ouen, d’une part parce ce sont des municipalités communistes promptes à organiser la solidarité avec le peuple espagnol, de l’autre parce qu’ils ont entendu parler de l’importante communauté espagnole déjà présente.

Étant donné l’importante mobilisation du quartier lors de la guerre civile pour soutenir le camp républicain, l’accueil des « politiques », qu’ils soient ou non membres d’une famille déjà installée, est chaleureux : on se serre à deux ou trois familles dans les petites baraques, le temps que les nouveaux arrivants trouvent un logement ; on leur trouve du travail dans une entreprise ou sur un chantier où il y a déjà des Espagnols, afin de faciliter les contacts avec les entrepreneurs.

Entre 1945 et 1955, il y eut de nombreux mariages entre des jeunes filles d’origine espagnole issues de l’immigration « économique » nées en Espagne ou à la Plaine dans les années 1920-1930 et des exilés républicains, souvent originaires de Catalogne ou du Levant, auréolés de leur prestige de combattant et de héros – celui-ci étant encore décuplé en ce qui concerne les rescapés de Mauthausen. Les rencontres entre ces jeunes couples se firent soit dans les îlots espagnols soit au local de la Juventud socialista unificada (JSU) à Aubervilliers, soit lors des nombreuses activités de solidarité avec le peuple espagnol (meetings mais aussi fêtes et bals) organisées par le PCE, à Paris, rue de la Grange-aux-Belles, au local de la CGT-Métallurgie rue Jean-Pierre Timbaud ou à la Mutualité ; à la salle Suchet par les anarchistes.

Dans ces trois cités industrielles dirigées par des municipalités communistes depuis 1944, l’accueil des autorités locales et de la population ouvrière française fut chaleureux et le fait d’être un « rouge » espagnol était bien davantage un signe de gloire qu’une marque d’infamie, d’autant plus que, durant l’Occupation, de nombreux exilés républicains, mais également des enfants de migrants économiques des années 1920 et 1930, ont participé aux combats de la Résistance en région parisienne, notamment au sein des FTP-MOI, comme Benito Sacristan, jeune communiste de la Plaine ayant échappé à la rafle de septembre 1941, arrêté en juin 1942 et fusillé au Mont-Valérien en août suivant.

Entre juillet 1945 et octobre 1946, la une de la Voix Républicaine, hebdomadaire du Parti communiste dyonisien publia quatre hommages à des jeunes de la Plaine issus de l’immigration espagnole fusillés ou morts en déportation.

La reconnaissance du quartier de la « petite Espagne » et de la participation des Espagnols à la Résistance a été marquée dans le paysage urbain de Saint-Denis par la décision du conseil municipal de rebaptiser la rue de la Justice (cœur historique du quartier espagnol depuis 1920, où était installé le Real Patronato depuis 1923) rue Cristino García en mars 1946.
Cela a donné lieu à deux cérémonies durant lesquelles les orateurs ont insisté sur la nécessité d’en finir avec le régime franquiste :

  •  le changement de nom de la rue, le 12 avril 1946, en présence de 4 000 personnes ;
  • l’inauguration d’une plaque au nom de Cristino García, le 4 août 1946, en présence de la Pasionaria elle-même.

Par ailleurs, en mai 1950, à la Plaine, huit plaques commémoratives furent apposées sur les domiciles où avaient vécus les résistants espagnols martyrs, tel Benito Sacristan au 13 impasse du Chef-de-la-Ville. Jusqu’au début des années 1970, tous les ans, début août, une cérémonie de commémoration était organisée en son honneur par la municipalité devant la plaque, moment fort de recueillement pour une grande partie de la communauté. Par ailleurs, une des cellules du PCF de la Plaine prit son nom.

Le soutien sans faille des municipalités de Saint-Denis, Saint-Ouen et Aubervilliers aux réfugiés politiques espagnols ne se démentit pas pendant toute la période d’interdiction du PCE en France – qui dura officiellement de septembre 1950 à mai 1981, même si le ministère de l’Intérieur ferma les yeux sur ses activités à partir de la fin des années 1960 –, avec notamment l’embauche comme personnel communal de plusieurs réfugiés politiques communistes et l’aide aux dirigeants clandestins du PCE. C’est par exemple dans un château de la région de Giens appartenant à la municipalité d’Aubervilliers que se tint une réunion importante du Comité central du PCE clandestin en France, en juin 1964.

En novembre 1962, dès l’annonce de l’arrestation de Julián Grimau à Madrid, le maire de Saint-Denis envoya un télégramme de protestation en Espagne et des signatures de pétitions furent organisées dans plusieurs usines de la ville. Dès l’annonce de l’exécution de Grimau en avril 1963, le conseil municipal de Saint-Denis décida de donner son nom à une rue, se référant d’ailleurs explicitement au précédent de la rue Cristino García.

Le fait de militer au sein des organisations communistes françaises permit à certains enfants de réfugiés de connaître une ascension sociale à travers leur engagement politique. Le parcours le plus exemplaire à cet égard en banlieue nord est celui de François Asensi, député communiste de la Seine-Saint-Denis depuis 1981 et maire de Tremblay-en-France depuis 1991. Son père, Paco Asensi, fils de migrants « économiques » installés à la Plaine, côté Aubervilliers, au début des années 1930, s’engagea au sein des Brigades Internationales en 1937.

Typologie des migrants dits « économiques » des années 1955-1970

Ici, nous sommes à la croisée des deux phénomènes précédents, l’immigration « économique » et l’immigration « politique ». Quand on quitte l’Espagne de Franco entre 1955 et 1965, le fait-on uniquement pour des raisons économiques ? D’autres facteurs n’interviennent-ils pas : ras-le-bol de la sclérose de la vie sociale, du contrôle tatillon de l’Église et de la Phalange (surtout dans les petits villages) sur la vie quotidienne, etc. Certains, taxés rapidement de migrants strictement économiques, n’étaient-ils pas, en fait des « politiques » qui n’ont pas effectué de démarches pour obtenir le statut de réfugié car, en ces années de croissance économique importante, celui-ci n’était pas nécessaire à l’obtention d’un emploi et d’un titre de séjour ?

À travers la dizaine d’entretiens réalisés à ce jour avec des migrants des années 1955-1970, j’ai retrouvé différents types de motivation :

– Ceux qui sont partis parce qu’ils avaient des attaches familiales datant de l’avant-guerre en Seine-Saint-Denis, voire qui y étaient nés eux-mêmes avant un retour familial dans les années 1930 – d’après plusieurs témoignages, ce furent d’ailleurs les premiers à repartir dès que le gouvernement Franco permit l’émigration. Par des échanges de correspondance avec des parents restés à la Plaine depuis l’entre-deux-guerres, ils connaissaient les possibilités de travail et d’amélioration de leur condition sociale s’ils décidaient de partir pour la France. Les membres des réseaux migratoires traditionnels de la province de Cáceres reprirent alors la route de la Plaine. Ils ont été bien accueillis par les colonies installées de plus longue date en banlieue nord, même quand leurs motivations de départ étaient strictement d’ordre économique.

– Ceux qui ont quitté l’Espagne, non seulement parce que leur situation économique était difficile (exemple de réflexion qui revient en forme de leitmotiv à travers tous les entretiens : « On avait beau travailler très dur, on ne gagnait pas assez pour faire vivre notre famille décemment. ») mais aussi parce que l’appartenance de leur famille au camp des « rouges » pendant la guerre civile leur bloquait toute possibilité d’ascension sociale. En effet, pour trouver un emploi dans les secteurs industriel ou tertiaire, il fallait produire des « lettres de recommandation » émanant du maire de sa commune d’origine, du responsable local de la Phalange et/ou du curé. L’émigration était donc la seule voie de salut pour permettre une amélioration des conditions de vie des membres des familles ostracisées pour leur soutien à la République pendant le conflit. Certains hommes sont d’ailleurs partis clandestinement pour la banlieue nord dès la fin des années 1940, réussissant à faire venir leurs familles ensuite.

Comme les exilés politiques arrivés entre 1939 et 1950, ces migrants « économiques » ont tout de suite été bien intégrés par la communauté espagnole déjà présente. Par ailleurs, pour les raisons évoquées plus haut, l’accueil des municipalités et des services sociaux était plutôt positif ; contrairement à d’autres régions d’immigration espagnole, se prévaloir d’une famille républicaine était un « plus » pour bénéficier d’aides municipales.

D’après une note de la 9e section des Renseignements généraux (RG) datant de 1964, le PCE interdit mais reconstruit dans la clandestinité et les organisations apparentées auraient retrouvé un nouveau souffle à cette époque grâce aux nombreuses adhésions de ces nouveaux arrivants ; les RG évoquent le « ralliement de plusieurs éléments jeunes et dépolitisés ».

Dans les années 1970, on les retrouva d’ailleurs nombre de ces migrants « économiques » aux côtés des « politiques purs » lors des fêtes et des meetings auxquels participèrent la Pasionaria ou Santiago Carillo en banlieue parisienne. Ils firent également les beaux jours de l’important stand de Mundo Obrero tenu par le PCE à la Fête de l’Humanité.

– Enfin, il y a eu bien sûr aussi des « économiques purs » qui, lors des entretiens, ne font jamais référence à la moindre question politique à leur départ et qui, souvent, se sont installés dans des quartiers distincts (bidonville de La Campa à la limite entre Saint-Denis et La Courneuve, par exemple) des îlots de l’« ancienne » colonie. Ils ont souvent eu très peu de contacts, voire aucun, avec l’immigration politique et n’ayant pas connu le rôle joué par le Patronato espagnol durant la guerre civile, ou n’ayant pas voulu en tenir compte, en furent d’ardents membres (participation à la messe et au catéchisme, baptêmes, mariages, activités sportives, colonies de vacances pour les enfants, cours de castillan, sorties récréatives, etc.).

Cependant, comme dans les années 1920-1930, on note que certains de ces migrants économiques des années 1955-1970 se sont politisés au contact de la vie syndicale et politique française, choisissant cette fois-ci plutôt la CFDT ou les organisations ouvrières chrétiennes telle l’Action catholique ouvrière (ACO). En effet, le pôle anarchisant n’avait plus guère de poids au sein des colonies espagnoles et le Parti communiste était trop radical à leurs yeux, surtout si on prend en compte les années de propagande franquiste à laquelle ils avaient été soumis en Espagne.

Le fait que, de 1910 à 1970-1980 (fermeture des usines de la Plaine et nombreux départs vers des villes plus pavillonnaires, notamment des jeunes couples), les Espagnols de la Plaine aient vécu dans un lieu très clairement délimité dans l’espace et fortement homogène explique la fusion relativement harmonieuse qui s’est réalisée entre les trois principales vagues migratoires du XXe siècle. Ici, bien souvent, le réfugié politique arrivé en 1939 était le cousin, voire le frère, d’une famille castillane ou estrémègne présente depuis les années 1920. Il accueillit à son tour des cousins victimes de l’extrême dénuement des campagnes d’Estrémadure et de Vieille-Castille vers 1960.

La rencontre au quotidien des différents types de migrants était obligée vu qu’ils partageaient les mêmes lieux de travail (grandes usines métallurgiques et chimiques de la Plaine, chantiers du bâtiment après 1945) et surtout les mêmes espaces d’habitation – au demeurant les conditions de logement étaient tellement précaires et la promiscuité telle (baraques en auto-construction faites de bric et de broc au fil des arrivées autour de “ courras ” ) que la vie, comme en Espagne à cette époque, se passait en grande partie dans la rue : sur des chaises devant les baraques pour les femmes à discuter, à tricoter et à coudre ; au café pour les hommes, à jouer au tute et à la subasta, aux dominos, au rami ou à la belote ; dans les nombreux terrains vagues à courir et à jouer pour les enfants.

Des moments forts réunissaient le quartier : la soirée de Noël et le jour des Rois (fêtés y compris par les exilés républicains) et surtout la nuit du 31 décembre où l’on mangeait les raisins en écoutant le carillon de la Puerta del Sol à la radio ; les festivités du 14 juillet aussi.

Les plus militants se retrouvaient lors de soirées organisées salle Suchet avec Léo Ferré par les anarchistes ou à la Mutualité avec Yves Montand pour les communistes. La fête de l’Humanité, chaque début septembre, était un passage obligé, comme d’ailleurs pour une grande partie de la population ouvrière de la « banlieue rouge » d’alors. Alors que le PCE disposait de plusieurs cellules actives à Saint-Denis et à Aubervilliers, les membres de la CNT, eux (nettement minoritaires dans les années 1960 dans le quartier), se réunissaient à Paris. À partir de la fin des années 1960, l’espoir de rentrer en Espagne s’amenuisant et par l’intégration augmentant, plusieurs membres du PCE intégrèrent des cellules d’entreprises ou de quartier du PCF.

Le caractère fortement « espagnol » du quartier semble avoir toujours primé sur les raisons initiales du départ, politiques ou économiques, et comme dans les années 1945-1950, des exilés républicains s’étaient mariés avec des filles d’« économiques » de l’entre-deux-guerres, dans les années 1960-1970, des jeunes issus de la nouvelle émigration « économique » ont épousé des enfants de réfugiés politiques républicains, la seule mais, ô combien importante différence, étant que les parents des uns pouvaient retourner en Espagne quand bon leur semblait et ceux des autres non.

par Natacha Lillo

Un Monument Historique dans la Plaine : la Locomotive AEG numéro 2 de l’ancien chemin de Fer industriel de la Plaine et d’Aubervilliers.

Un Monument Historique dans la Plaine : la Locomotive AEG numéro 2 de l’ancien chemin de Fer industriel de la Plaine et d’Aubervilliers.

Dans le square Emile Pereire, au sein des Magasins généraux de la Plaine, non loin de l’avenue du Président Wilson, il est une locomotive abandonnée de tous, train errant parmi la déshérence, infréquenté, connue seulement des arbres, des pigeons et des chats, et de quelques habitués.

Elle gagnerait pourtant à être plus connue, et considérée, tant elle incarne à elle toute seule un pan entier de l’histoire de la Plaine, celle industrielle et ouvrière, mais également un pan de l’histoire du ferroviaire, plus de 20 ans avant les électrifications effectives des réseaux de chemin de fer, et notamment celui de la gare du Nord.
Il s’agit d’une locomotive électrique construite en 1930 par la marque allemande AEG. Elle fut utilisée par la Société du Chemin de Fer Industriel de la Plaine Saint-Denis et d’Aubervilliers de 1930 à 1976. La particularité de ce type de trains est qu’ils utilisaient des moteurs électriques avec batteries, alors qu’à l’époque, les locotracteurs avaient tendance à fonctionner au diesel. A titre de comparaison, l’électrification de la Gare de Nord n’eut lieu qu’en 1958, et le dépôt de la Plaine de son côté entama sa dieselisation au tournant des années 50/60 pour abandonner le charbon. Ce type de train incarne par conséquent le symbole d’une innovation technologique dont nous avons encore les retombées aujourd’hui.

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Cette locomotive numéro 2, ou plutôt devrais-je dire « ce locotracteur », est unique en son genre, pas parce qu’elle n’a jamais quitté La Plaine, son lieu de villégiature depuis 90 ans, malgré l’arrêt du réseau de Chemin de fer industriel en 1993, mais parce qu’elle a la particularité d’être la seule parmi les 5 locomotives à accumulateurs qui avaient été livrées en 1930 au CFI à avoir 3 essieux accouplés et à faire 46 tonnes contre 26 pour les autres avec 2 essieux. D’un point de vue purement visuel, elle se démarque de ses consœurs par sa longueur, sa cabine de conduite plus grande mais également par ses roues agencées spécifiquement en 3 essieux.

Le modèle qui nous intéresse, la numéro 2 à 3 essieux, servait essentiellement pour « les opérations de triage et de classement à l’arrivée, ainsi que pour la formation des rames de départ et la desserte des grosses usines », nous informe le bulletin de la Société pour le développement des véhicules électriques de février 1931.

Elle disposait des caractéristiques suivantes :

  • un poids de 46 tonnes
  • un Châssis formé par des longerons en tôle épaisse
  • une puissance de 160 CV.
  • deux moteurs alimentés sous 400 volts
  • une cabine centrale de conduite avec contrôleur à soufflage et appareils de protection, couplage série parallèle.
  • batterie au plomb type Planté de 200 éléments d’une capacité de 640 a. /h.
  • capacité de travail sans recharge, environ 10 000 à 12 000 tonnes kilométriques totales.

En comparaison, les locotracteurs de 26 tonnes, au nombre de 3 pour le CFI de la Plaine, avaient les caractéristiques suivantes :

  • un poids de 26 tonnes
  • un châssis formé par des longerons en tôle épaisse.
  • une puissance de 84 CV.
  • deux moteurs
  • une tension de service de 400 volts.
  • une cabine centrale de conduite avec contrôleur à soufflage et appareils de protection. Couplage série-parallèle.
  • batterie au plomb type Planté de 200 éléments d’une capacité de 320 a. /h.
  • capacité de travail sans recharge : environ 5000 tonnes kilométriques totales.

Pour les opérations de remorquages la locomotive de 46 tonnes possédait une accélération de marche plus rapide que les locomotives à vapeur. « Elle évitait la majeure partie des temps morts de la traction à vapeur, tels que la mise en pression avant d’effectuer un gros effort, le graissage continuel des embiellages et du mouvement, le changement de marche, l’entretien du feu, ou bien encore l’alimentation en eau et l’approvisionnement en combustible. D’autre part, pendant les temps d’arrêts obligatoires, aucune consommation n’était occasionnée alors que les locomotives exigeaient même pendant ce temps  de l’eau, du charbon et une surveillance constante ». La société du Chemin de fer Industriel de la Plaine estimait même en 1931 que grâce à cette traction électrique elle gagnait plus d’une heure de temps mort par jour par rapport à l’époque où elle était à la traction vapeur.

En 1990, voilà ce que Raymond le Moing, ancien directeur du CFI et ancien président de notre association, disait à propos des avantages de ces locotracteurs électriques par rapport à la vapeur « Leur avantage principal est d’assurer une sécurité absolue contre les incendies et permettre de desservir un plus grand nombre d’entrepôts. Ces engins ne devraient pas être mis à la ferraille, il faudrait au contraire qu’ils finissent dans un musée parce qu’ils étaient révolutionnaires à l’époque, non polluants, d’une souplesse d’utilisation remarquable, ils pouvaient remorquer un train de près de 800 tonnes même en légère rampe ».

Depuis 1994, la locomotive est classée à l’inventaire des Monuments Historiques, comme nous l’indique la Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP). Malgré cela, depuis un certain nombre d’années, placée là, elle végète.., ne semblant plus intéresser personne, prenant rouille et lentement, même si aujourd’hui les marques en sont bien visibles, se dégrade.

Cette loco, il serait temps de s’en préoccuper, d’écouter le vœu pieu de Raymond le Moing afin qu’elle puisse être sauvée, digne vestige de l’ancien Chemin de Fer industriel de la Plaine et d’Aubervilliers.

Du côté de ses consœurs de 26 tonnes qu’en est-il ?

La locomotive numéro 1 avait été préservé un temps à Pacy-sur-Eure dans l’Eure avant d’être racheté en 2021 par l’Eisenbahn-Club d’Aschersleben en Allemagne. Elle y fut transférée le 11 janvier 2022.

De son côté, le musée Rosny-Rail est également détenteur d’un exemplaire qui pourrait soit correspondre au numéro 3, soit au numéro 5.

Du côté de notre locotracteur dionysien, plus les années passent et malheureusement plus son état se dégrade, hélas.

Déjà en 2007 un signal d’alarme avait été tiré par l’association Mémoire Vivante de la Plaine, par l’intermédiaire de Jean-Michel Gerbaud, qui s’inquiétait de son devenir au sein des Magasins généraux. Rien n’a été fait depuis et la rouille s’est progressivement installée.

Cet article est une occasion de plus pour éveiller les consciences sur le patrimoine qu’ils ont à portée de mains et d’yeux. L’objectif est que les politiques et les habitants prennent conscience de la valeur de ce patrimoine en péril, car oui, cette locomotive, encore une fois, est inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1994, soit au même moment que l’abandon du réseau de Chemin de fer industriel suite à la fermeture de la société Nozal (dernier exploitant du CFI).

La locomotive s’accompagne également aujourd’hui d’un wagon citerne à essieux de 1936 construit à Maubeuge par la Compagnie Française de Matériel de Chemins de Fer dans ses usines du Tilleul, et qui servait au chemin de fer industriel de la Plaine.

Pour empêcher que cette locomotive et son wagon citerne ne passent dans les mains des ferrailleurs, il faudrait déjà les viabiliser en attendant une éventuelle restauration, surtout la locomotive, dans laquelle pousse un arbre depuis quelques mois… Les viabiliser, ça passe notamment par les protéger des intempéries, en les bâchant par exemple, ou par couper la végétation écrasante autour.

 

La restauration à envisager pourrait peut-être faire l’objet d’une soumission au vote dans le cadre d’un budget participatif, ou d’une cagnotte en ligne ? A bon entendeur.

Michael DIEDER

Sources :

notice de classification au titre des Monuments Historiques de la locomotive : https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM93000334

1931, article du bulletin Le Véhicule électrique portant sur l’électrification des Chemins de fer industriels de la Plaine et d’Aubervilliers : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t54177384v/f9.item.r=%22chemin%20de%20fer%20industriel%20de%20la%20plaine%22

1990, archives d’Aubervilliers, article portant sur le chemin de fer industriel avec intervention de Raymond le Moing : https://www.calameo.com/books/004909556c1b292b96b6a

Le locotracteur numéro 1 racheté en 2021 par l’Eisenbahn-Club d’Aschersleben : https://www.patrimoine-ferroviaire.fr/indus-locotracteur-a-accus-aeg-4473/

Le locotracteur numéro 2 dans le square Emile Pereire des Magasins généraux : https://www.patrimoine-ferroviaire.fr/indus-locotracteur-a-accus-aeg-4476/

Musée rosny rail, passage sur le locotracteur récupéré en 1997 pour les soins du musée, « Le locotracteur à accumulateur » : https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Rosny-Rail.html ; https://www.patrimoine-ferroviaire.fr/indus-locotracteur-a-accus-aeg-xxxx-rosny-rail/

7/52 – France – Locotracteur à accumulateurs du Chemin de Fer Industriel de La Plaine-Saint-Denis à Aubervillers dans les années 90/2000 : http://mes.gares.free.fr/divers/affichage.php?NomPar=Paolozzi%20Antoine&NomRub1=Locotracteurs&Rubrique=materiel_roulant

 

Articles parlant de la locomotive : https://www.patrimoine-ferroviaire.fr/indus-locotracteur…/ ; https://luteceduparisien.fr/…/locomotive-electrique-de…/ ; https://patrimoine.seinesaintdenis.fr/Chemin-de-fer…

Message d’alarme, article de 2007 de l’association Mémoire vivante de la Plaine, avec un texte écrit par un certain Marcello Corsétout : https://web.archive.org/web/20070313220841/https://www.plaine-memoirevivante.fr/videos.htm#la%20locomotive

Le chemin de fer industriel de la Plaine et d’Aubervilliers : https://patrimoine.seinesaintdenis.fr/Chemin-de-fer-industriel-de-la-Plaine-Saint-Denis-et-d-Aubervilliers

Tout autour de La Tour Pleyel, le quartier Pleyel en deux dimensions avec vue panoramique au 40e étage

Tout autour de La Tour Pleyel, le quartier Pleyel en deux dimensions avec vue panoramique au 40e étage

Date : le 13 juin à 15h30
Départ : RER D stade de France
Arrivée:
Lieu : Saint-Denis
Durée : 2 h
Tarif : 18€

Vous découvrirez à travers cette balade, les plusieurs vies de la « Tour Pleyel » en déambulant tout autour de la Tour. Vous parcourrez ce quartier qui se trouve à ses pieds et qui connaît une profonde mutation.

Puis direction le toit de la tour reconvertie aujourd’hui en hôtel, l’hôtel H4 Wyndham-Paris Pleyel Resort ouvert depuis les Jeux Olympiques, pour une lecture paysagère qui se clôturera autour d’un pot convivial* !

*Une boisson est incluse dans le prix de la balade : au choix entre un soft ou un verre de champagne par personne ayant réservé.

Cette visite s’inscrit dans le cadre du festival Toi Toit mon Toit, valorisant la 5ème façade de nos villes, avec comme objectif de montrer les toits aménagés et ceux qui pourraient l’être demain. Ce festival des toits en Seine-Saint-Denis s’inspire de projets urbains innovants à Rotterdam, Marseille, Paris et Barcelone.

Retrouvez le concept et toute la programmation du Festival des toits en Seine-Saint-Denis, Toi toit mon toit !

Vue depuis la tour Pleyel

Vue depuis la tour Pleyel

De la Tour Pleyel au sommet du Village Olympique

De la Tour Pleyel au sommet du Village Olympique

Date : le dimanche 14 juin à 9h30
Départ : Carrefour pleyel
Arrivée:
Lieu : Saint-Denis
Durée : 2 h 00
Tarif : 10€

Entre les voies ferrées et la Seine, le quartier Pleyel a une longue histoire depuis les premières habitations sur pilotis jusqu’au nouveau quartier de l’ancien village olympique Pleyel.

Partez avec Jean-Jacques Clément à la découverte du quartier « Pleyel » pour finir en apothéose sur le sommet de l’immeuble l’Apogée au cœur de l’ancien village des athlètes, à l’occasion du festival Toi toit mon toit !

Découvrez ce quartier avec au programme :

  • l’histoire de cette place Pleyel et de la tour.
  • La découverte du village olympique, en parcourant les vestiges des sites électriques.
  • L’accueil des habitantes de l’immeuble Apogée et la découverte de leur terrasse panoramique

Cette visite s’inscrit dans le cadre du festival Toi Toit mon Toit, valorisant la 5ème façade de nos villes, avec comme objectif de montrer les toits aménagés et ceux qui pourraient l’être demain. Ce festival des toits en Seine-Saint-Denis s’inspire de projets urbains innovants à Rotterdam, Marseille, Paris et Barcelone.

Retrouvez le concept et toute la programmation du Festival des toits en Seine-Saint-Denis, Toi toit mon toit !

Soirée Balade NUIT BLANCHE à Saint-Denis, Du 6b à la Basilique Saint-Denis

Soirée Balade NUIT BLANCHE à Saint-Denis, Du 6b à la Basilique Saint-Denis

Date : le 6 juin à 17h30
Départ :6b, 6-10 Quai de Seine – 93200 Saint-Denis
Arrivée: devant la Basilique Chantier de La Flèche
Lieu : Saint-Denis
Durée : 2 h 30
Cette balade nous permettra de voyager entre passé lointain et réalité d’aujourd’hui à la périphérie de Saint-Denis côté Ouest. Ces lieux nous permettront d’évoquer différentes périodes de cette ville aux milles richesses. Nous partirons du Tiers Lieu « Le 6b » pour arriver au pied de la Basilique Saint-Denis et son grand chantier de La Flèche.
Voici les étapes du Parcours , proposé et animé par Jean-Jacques Clément
  • Départ du 6b – Avant les Chantiers de La Loire
  • Les entreprises industrielles nombreuses
  • Carrefour Pleyel, le site EDF et la Tour Pleyel
  • Rue de La Légion d’honneur
  • Arrivée Basilique
Parcours de la ballade nuit blanche

Parcours de la ballade nuit blanche

Maison Coignet

Maison Coignet

Basilique Saint-Denis en 1845

Basilique Saint-Denis en 1845

Construction de la tour Pleyel

Construction de la tour Pleyel

Projection « Grande et petites histoires du Stade de France » en présence de Marie- Monique Robin

Projection « Grande et petites histoires du Stade de France » en présence de Marie- Monique Robin

Affiche de la projection "Grande et petites histoires du Stade de France" en présence de Marie- Monique Robin

Affiche de la projection « Grande et petites histoires du Stade de France » en présence de Marie- Monique Robin

Certains projets dépassent leur fonction initiale et c’est le cas du Stade de France qui n’est pas seulement un équipement emblématique.Il est l’un des actes fondateurs d’un modèle territorial qui continue, aujourd’hui encore, d’inspirer.

Sa construction a marqué bien plus qu’une transformation urbaine.
Elle a été le point de départ d’innovations économiques et sociales majeures :
– structuration des premières chartes de retombées économiques locales liées aux grands chantiers et aux grands événements
– émergence des clauses sociales d’insertion, désormais largement intégrées dans les politiques publiques et les stratégies d’entreprise

Autrement dit, une nouvelle manière de concevoir le développement : plus responsable, plus ancré, plus partagé.

L’association Mémoire Vivante de la Plaine et Plaine commune Promotion, nous vous proposons de (re)découvrir cette histoire structurante.

La projection aura lieu en présence de la réalisatrice Marie-Monique Robin

Le lundi 11 mai 2026 à 18h30 jusqu’à 21 heures
Projection du documentaire de Marie-Monique Robin : “Grande et petites histoires du Stade de France”
Auditorium TSF – Le Cercle Rouge 30 avenue George Sand

Projection suivie d’un échange avec la réalisatrice